Ars Amatoria Ovidii

 

 

En cette matinée du 19 octobre, nous, les latinistes de 5ème et 6ème année, sommes allés assister à une représentation théâtrale du célèbre

 «  Art d’aimer » d’Ovide, effectuée par Olivier Bony, à la Maison de la Culture de Namur.

 

Mais, avant de vous en dire plus….. un peu d’histoire s’impose !!!

 

Sous le règne de l’Empereur Auguste, un auteur latin du nom d’Ovide écrivit « l’art d’aimer », un manuel de drague prônant l’adultère, la luxure et le libertinage !  En totale opposition avec les ambitions de l’Empereur (restaurer les anciennes valeurs romaines : mariage, fidélité, honneur, famille, culte des ancêtres,…) l’œuvre fut censurée et bannie des bibliothèques, et son auteur, exilé.

 

A cette antique prohibition répond aujourd’hui, un intérêt frénétique, fruit de l’évolution des mœurs et des mentalités…. Ovide ne choque plus, Ovide fait rire !!!

 

Et que le spectaculum commence !!!

 

Le décor est des plus modestes : un simple tableau, pas bien grand…

Un homme seul, simplement vêtu, s’avance, avec comme seuls alliés, son talent d’orateur et un cuir chevelu dévoilant les prémices de la calvitie, celui-ci entame son monologue… Sans censure ni tabou, il nous révèle ses infaillibles techniques de drague, à mettre en œuvre pour charmer la, le ou même les élu(e)(s) de votre cœur…

Depuis la jupe relevée en coup de vent, au clin d’œil malicieux, en passant par le maquillage à base de poils de chèvre octogénaire en putréfaction, tout est bon à prendre, tant qu’il(s) ou elle(s) vous tombe(nt) dans les bras…. Et cela peu importe le lieu, la date, l’heure ou la raison !!!

S’auto-proclamant maître de la séduction, ce néo-Ovide farfelu ne se retient pas de ponctuer son discours d’allusions à l’actualité, de clichés sur les belges (une fois!), mais aussi de conseils et autres recommandations, à appliquer « illico presto » pour que votre cher et tendre n’aille pas voir ailleurs,

 

mesdames:

« Vous êtes atteinte de transpiration chronique ? Ne remuez pas ! » ;

« Votre dentition est plus irrégulière que votre humeur ne l’est déjà ? ….. Ne riez pas ! »

« Vous êtes petite ?  Asseyez-vous, de peur qu’il ne remarque… hem… votre taille réduite ! »

 

Et ajoutant pour ces messieurs :

« Elle désire quelque chose ? Offrez-le-lui ! »

« Elle donne son avis ?.... Applaudissez!

« Elle pleure ?..... Prêtez-lui vos larmes! »

« Elle se lève ?....Levez-vous! »

« Elle part ?.... Emboîtez-lui le pas ! »

 

Ainsi, nonante minutes durant, cet artiste de génie jongle avec son humour de situation, son franc-parler, et son imagination pour nous livrer un spectacle plein d’humour et de rebondissements, où l’œuvre latine originale est accommodée selon la recette de l’auto-dérision…  Maniant la langue française avec ruse et habilité, il captive l’audience, qui rit aux éclats, à coup de répliques inattendues et de mises en scènes toutes plus burlesques les unes que les autres !!!

 

Tout ceci pour que, au final, après ce plaidoyer en faveur du libertinage, cet Ovide « bis » conclut en déclamant, avec l’ardeur d’un Cicéron, une pointe d’ironie et un souci de bonne morale, un paradoxal

« mais surtout, ….. sortez couverts !!! »

Félix Pion

                                                                                                                         6ème C

 

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Mise à jour : 08/01/2010

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