Télégramme deS ELIMINATOIRES du XIXème tournoi d’éloquence

 

Rédactionnel Tournoi d’Eloquence – XIXème édition

( 21 janvier 2011 au Collège Notre-Dame de la Paix à Erpent)

 

Il était une fois le fabuleux destin de onze rhétoriciens. Comme eux, laissons libre cours à nos impressions, à ce qui fait palpiter nos cœurs, à nos doutes, à nos espoirs les plus fous, aux promesses de la vie, à l’intime conviction de leurs propos.

           

            Cette année, ils nous ont pris par la main, nous ont mis dans la confidence. Ils ont laissé parler leur cœur. Aucun des propos n’étaient futiles, aucun mot inutile. Une présentation des onze candidats et du sujet qu’ils ont choisi s’impose. La voici par ordre de passage.

 

Rodolphe Mahoux ouvre le concours avec son sujet “Tous des péteux”. Le titre est provocateur, l’orateur rassembleur, fédérateur. L’écouter fait un bien fou. Rodolphe rassure. Créatif dans sa relation au monde, respectueux de son environnement, Rodolphe cultive d’une main verte et experte l’esprit critique face aux a priori réducteurs.

 

            Clarisse Ancion suit avec “Mon bonheur au détriment du tien ?”. Aller vers l’autre ou se recentrer sur soi, sur ses désirs ? Clarisse ne répond pas à cette question. A 17 ans, elle n’a pas encore beaucoup de certitudes. Elle paraît néanmoins profondément persuadée que pour faire le bonheur des autres, il faut d’abord connaître ses propres désirs.

 

            Marie-Christine Mircea va à coup sûr rejoindre les psychologues de la série “Esprits criminels”. Elle a choisi de nous parler de la perversité avec “Esprit pervers, es-tu là ?”. Selon elle, il y a un pervers au fond de chacun d’entre nous. Certains versent dans le crime, d’autres pas. Marie-Christine tente de nous faire comprendre tout en tact et en douceur la souffrance psychologique qui pousse à commettre l’irréparable un jour. Marie-Christine  non-seulement déculpabilise le criminel mais aussi la société qui l’a engendré. Une piste prometteuse pour lutter contre la criminalité.

 

            Charlotte Fumière  poursuit avec “Le temps d’un songe”. Alice au pays des merveilles n’a qu’à bien se tenir. Le temps est au centre des préoccupations de Charlotte. Pour maquiller, habiller et sublimer l’inexorable temps qui passe, la recette de Charlotte pour influer le cours du temps, c’est de rêver, imaginer, oser, défier pour vibrer enfin. Elle avoue modestement que la seule barrière entre soi et les autres, c’est soi-même. A la question de Pierre Marlet, elle répond sans hésitation que sa recette à elle, c’est de rationaliser ses idéaux sans aucune prétention d’une donneuse de leçons et on l’écoute.

 

            Marie Banse veut des épices. “Je veux des épices”. L’épice, la couleur des saveurs, la saveur de la vie. Marie a le goût du risque. La jeunesse cherche les sensations extrêmes. La conscience du danger booste son inconscience. Marie nous explique que le jeune a besoin de prendre des risques pour rendre sa vie palpitante. En tant que parent, on tremble inévitablement. En tant que parent, on cadre, on limite naturellement. 

 

            Flore Bouchat ne pliera pas sous “Le poids des apparences”. La beauté influence-t-elle la perception que l’on a des autres ? Contenant est plus long que contenu. Flore voudrait croire que l’image n’a aucune importance que le fond prend toujours le dessus sur la forme. Flore est jeune et sait pourtant que l’image, que la représentation, sont importantes dans une société quasi gouvernée par l’information sous forme d’images. Flore, le fond et la forme sont indissociables. Ils doivent être complices l’un de l’autre pour que ce qu’on souhaite communiquer atteigne son but.

 

            Florentin Goyens nous pose la question : “Pourquoi êtes-vous là ce soir ?” mais souhaite en fait savoir pourquoi on est venu l’écouter parler. Juste pour l’entendre simplement nous dire après nous avoir si lucidement confié ses doutes et ses hésitations : “Il  est dommage d’avancer sans savoir où aller”. D’une évidente sagesse ! Merci Florentin.

 

            Célia Nennen, chevalière du 21ème siècle, affirme : “Le sexe fort en péril”. J’avoue, juste avant le sujet de Rodolphe et pour respecter la parité homme-femme, que dans le programme c’était mon sujet préféré. Personne n’a été déçu par Célia, aucun homme, aucune femme. Elle a marié Mars à Vénus. Elle a réinventé le féminisme sans cracher dans la soupe. Célia trouve l’équilibre. Ses mots nous convainquent d’une alliance constructive, mutuellement profitable, d’un monde où chacun a son rôle à jouer, où chacun peut trouver sa place sans devoir renier son passé.

 

            Mathilde Marchand a choisi de nous parler des faux-semblants endossés pour correspondre à la norme. “Copie conforme” fait l’éloge de l’originalité. Mathilde est une anticonformiste. Elle mène la vie infernale à la banalité. Elle estime que vendre et consommer de la cool attitude à tous les repas rend la jeunesse boulimique d’imbécilité. Elle appelle à la résistance pas à la somnolence. Elle nous conseille vivement la confiance en soi pour assumer sa différence.

 

            Guillaume Blanchy est notre Monsieur Propre de la soirée. Un patronyme prémonitoire, le sujet de Guillaume : “Monsieur Propre, le tueur inconnu”. Dans un monde où tout est pasteurisé, stérilisé, aseptisé, avec agents conservateurs, additifs, tout produit peut menacer notre santé. L’excès de propreté peut nuire. Le degré zéro de sécurité de la chaîne alimentaire n’est pas toujours sans risque pour la santé. Bel et convaincant exercice de vulgarisation scientifique Guillaume.

 

            Lionel Cassart termine la soirée avec : “Qui êtes-vous ?”. Lionel est le dernier concurrent et aussi le dernier inscrit au concours. Craignant le jugement des autres, il a beaucoup hésité avant de participer. Quand il commence à parler, on ne comprend pas cette hésitation. La voix est claire, le propos sincère, le geste spontané, le regard direct, le cœur noble, la pensée juste. Il cite Philippe Sollers : «La maladie de l'adolescence (...) est de ne pas savoir ce que l'on veut mais de le vouloir à tout prix.». Vendredi soir, Lionel a sans aucun doute plu à la majorité.

           

            La sélection des 6 finalistes fut serrée tellement leurs performances étaient au coude à coude. L’éloquence a fait la différence.  Voici les six finalistes sélectionnés pour la finale ce vendredi 28 janvier 2011. L’épreuve de la finale est de discourir sur un sujet imposé.

Les six finalistes sont :

Marine BANSE

Rodolphe MAHOUX

Lionel CASSART

Marie-Christine MIRCEA

Charlotte FUMIERE

Célia NENNEN

 

Isabelle Ronveaux – 23/01/2011

Secrétaire de Direction

 

VENEZ NOMBREUX LES ECOUTER ET LES SUPPORTER !

Quelques critères suggérés pour évaluer l'éloquence :

Il nous paraît intéressant que, dans l'évaluation de la prestation des candidats, le jury tienne compte :
a) pour les exposés :
– de la facture de l'exposé (clarté, cohérence, mais peut-être surtout efficacité oratoire inscrite dans la composition du texte...);
– de la présentation de l'exposé (correction du langage, qualité de la diction, mais peut-être surtout efficacité dans la communication, dans le contact avec l'auditoire...);
b) pour la réponse improvisée :
– de la pertinence du contenu par rapport à la question posée et de la cohérence interne du propos, même bref;
– de la facilité d'élocution.

Il nous semble préférable de n'être pas plus précis quant au poids de l'improvisation par rapport à l'exposé, ni quant au poids respectif des critères utilisés.

À moins que le jury ne choisisse de s'accorder sur ces points, chaque membre du jury en décidera pour soi. De la diversité des appréciations devrait naître une sorte de "moyenne objective" autorisant un juste classement des candidats.

 

_________________________________________________________________________________

Mise à jour : 01/02/2011

sur ce site

© Copyright 2010 / droit d'image                                                                                                                      webmaster webmaster.cndp@gmail.com