Edito Décembre 2009 : Les jeunes sont-ils encore demandeurs de religion ?

Edito Mai 2010 : priorité à l'éducatif

Edito Juin 2010 : Exemplarité, excellence, exigence

 Edito Septembre 2010 : Magis !

 Edito décembre 2010

 Edito juin 2011:restaurer l'autorité

 Edito décembre 2011 : L'élitisme

Edito janvier 2012 : Accompagner l’adolescent en projet dans un collège jésuite

 Edito décembre 2012 : développement durable

Edito décembre 2013 : Le Collège aujourd'hui

Edito Toussaint 2014: restaurer la confiance

Edito Toussaint 2015 : réinstaurer la soif d'apprendre

Edito février 2016 : le numérique nous fait grandir

Edito septembre 2016 : bouger, (se) respecter, se donner des défis

Edito janvier 2017 : le pourquoi d'un "Pacte d'Excellence"

Edito avril 2017 : Le Pacte d'Excellence : deux idées à pointer


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EDITORIAL DECEMBRE 2009 - M. de Brabant   &

Les jeunes sont-ils encore demandeurs de religion ?

La religion telle que nous la connaissions est en miette : elle est partout mais elle n’est pas réellement institutionnalisée … la société se sécularise en effet toujours davantage.

 

Pourtant, l’être humain continue sans cesse à rechercher un sens à sa vie. Il y a toujours, et surtout chez les jeunes un grand besoin de spiritualité qui ne parvient pas toujours à s’exprimer.

 

Concrètement, que faire dès lors pour transmettre notre foi à nos jeunes, ou plus exactement la partager ?

 

Le premier enjeu est de trouver des adultes qui osent partager leurs convictions.

Aujourd’hui, nous manquons beaucoup plus d’adultes qui acceptent de « se frotter » aux jeunes que de jeunes. C’est notre défi avec l’équipe d’animation spirituelle du Collège.

 

Le second enjeu est d’amener les jeunes à vivre des moments forts durant lesquels ils partagent des expériences, en dehors de leur quotidien. Ils ont en effet besoin d’expériences fondatrices. Là aussi, il importe de trouver des lieux symboliques, des moments propices et des personnes disponibles et engagées pour relever ce défi.

 

Le troisième enjeu est de donner aux jeunes le goût du beau, de l’émotion. La foi n’est pas qu’affaire de raisonnement, elle peut aussi s’exprimer dans le cadre d’une expérience esthétique. Je pense à cet extrait de l’évangile « Il vit que cela était beau ». Aujourd’hui, dans une société où l’image est omniprésente, je pense que les jeunes sont particulièrement sensibles au visuel, ils peuvent percevoir ou ressentir la foi, non seulement de manière intellectuelle mais ils peuvent aussi se laisser inspirer par le « Beau ».

 

L’école souffre aujourd’hui de devoir sans cesse être efficace, de produire des résultats, de former des citoyens, des consommateurs, des futurs pères et mères de famille responsables. Le décret Mission invite l’enseignement en Communauté Française à s’inscrire dans ces objectifs.

 

            Cependant, les acteurs d’école ont aussi besoin d’une référence à une communauté de sens et de mémoire (à la compagnie de Jésus en l’occurrence) sans quoi nul ne peut forger son identité dans l’espace et dans le temps.

 

            Un collège catholique comme le nôtre est porteur d’une histoire, d’une mémoire qui fera que ce qui se vit en ses murs représente quelque chose de particulier qui ne se vit pas ailleurs. La statue de Notre-Dame de la Paix en est sans doute aujourd’hui et pour l’avenir le meilleur des symboles.

 

            En cette fin de trimestre, je souhaite à chacun et chacune une heureuse fête de Noël et d’excellentes fêtes de fin d’année faites de partage, de sincérité et de confiance retrouvée.

 

 

 

 

 

 

EDITORIAL MAI 2010 - M. de Brabant &

Priorité à l'éducatif

 

Lors d'un récent conseil d'entreprise, les représentants du personnel ont souhaité aborder un thème de plus en plus présent dans les discussions de la salle des professeurs: une priorité à accorder à l'éducatif.

Il importe de rappeler que l'école est avant tout un lieu d'instruction au service de l'éducation. Albert Jacquart se plaît à marteler « Le meilleur projet pour une démocratie, c'est l'éducation,

l'éducation et l'éducation ». Comment pourrait-il avoir tort ?

En effet, les difficultés à gérer certains groupes d'élèves sont de plus en plus fréquentes. Les enseignants s'en plaignent, certains se démotivent. Parfois même, ils quittent le métier!

Il semble fondamental à ce stade de savoir ce que nous voulons, d'avoir TOUS non-seulement les mêmes exigences pédagogiques mais aussi les mêmes valeurs éducatives. C'est le meilleur gage d'une réussite. Avoir ensemble cette cohérence est un levier réel aujourd'hui pour faire des générations d'élèves actuels des adultes responsables pour demain.

Cependant, osons aussi cétte question qui taraude l'esprit de nombreux enseignants. Avons-nous pour nos jeunes une réelle volonté de développer le sens de l'effort, du travail bien fait, du respect d'autrui, de la maîtrise de soi-même, de la non-violence qu'elle soit verbale et parfois même physique?

Je pense qu'il s'agit vraiment pour chacun d'entre nous (parents-professeurs-éducateurs) d'un défi permanent que d'oser mettre au goût du jour l'exigence vis-à-vis de ces valeurs. Il est grand temps de les réhabiliter réellement.

Cette exigence vécue comme une valeur de vie doit être inculquée à l'enfant et rappelée sans cesse à l'adolescent en construction. Cela doit donc se faire à la maison mais aussi à l'école, si on lui en donne les moyens et surtout, si elle ne se bat pas toute seule! La famille doit ensemencer et l'école doit cultiver cette terre.

Avant tout, une excellente fête de printemps à tous et à toutes. Une excellente fête à toutes les mamans. Et enfin, puisque la fin de l'année est maintenant très proche, bonne chance et bon travail pour une excellente fin d'année à chacun et à chacune.

Stéphan de BRABANT,

Directeur de la section secondaire

 

 

 

 

 

 

 

 

EDITORIAL MAI 2010 - M. de Brabant &

Exemplarité, excellence, exigence et éducation

 

« La vocation, c’est avoir son métier pour passion. »     (Stendhal)

« Ce sont les élèves les moins doués qui forcent les professeurs à bien enseigner. »  (Malcolm Forbes)

 

« J’ai fait un rêve : l’adolescent était soudain réconcilié avec l’école. Il avait tout-à-coup à nouveau envie d’apprendre, il retrouvait à travers l’école une source de plaisir. Il en acceptait les règles, faisait preuve d’un sens inné de l’effort et du dépassement.

Les parents étaient tous vraiment partenaires et partageaient sans condition les valeurs éducatives et les exigences pédagogiques de l’établissement où ils avaient inscrit leur enfant.

L’élève non-travailleur devenait le ringard, le suspect que tout le monde pointait du doigt.

Aux contrôles, les étudiants se disputaient entre eux pour avoir les meilleurs résultats et donner pleine satisfaction à leurs parents comme à leurs professeurs. C’était pour eux tous une question de fierté ! »

 

FIN du rêve !

 

Si l’on se fait une certaine idée de l’Homme, il est urgent de réagir, de résister à un courant qui menace … celui où finalement tout est banalisé : l’échec scolaire, la récurrence des incivilités, le non-respect des biens et des personnes, les paroles triviales et parfois insultantes.

 

Je pense vraiment qu’une réaction s’impose au sein de l’Ecole puisque c’est le lieu privilégié par excellence où l’on apprend aujourd’hui et où on prépare les générations de demain.

Je pense vraiment qu’il faut retourner à plus d’exigence, non pas celle qui se veut militairement répressive et constamment contraignante. Ce serait un triste retour à la sévérité aveugle d’antan qui a rendu l’école rébarbative pour tellement d’adultes d’aujourd’hui.

Je pense plutôt à une exigence pour tous et assumée par tous et qui s’inculquerait d’abord et avant tout par l’exemple, par notre exemple.

 

Souvent notre collège est taxé d’élitiste. C’est le reproche d’ailleurs souvent adressé aux instituts jésuites. Or, en excluant des élèves d’un cours, nous reproduisons les mécanismes sociaux d’exclusion alors que nous devrions favoriser l’inclusion, c’est-à-dire donner à chacun sa place. Une école élitiste est une école où la mentalité considère qu’exclure est normal, que ce n’est pas grave, que c’est un mal pour un bien.

 

Je ne peux donc rester indifférent à ce type d’exclusion, en tout cas à sa banalisation. En agissant de la sorte, nous risquons finalement de former des jeunes qui pourraient devenir au bout du compte peu soucieux de justice et d’inclusion sociale. En effet, c’est le modèle dans lequel ils auront été formés. Cela est franchement en contradiction totale avec ce que la pédagogie jésuite veut promouvoir.

 

Je tiens cependant à souligner que par ailleurs, paradoxe de notre institution, nombreuses sont les activités proposées aux élèves pour les former à davantage d’ouverture et les amener sans cesse à un élan pour créer plus de justice (projets de solidarité, projet Maroc, Oxfam, retraites sociales, voyages culturels Italie, Paris, Grèce …) et je tiens à remercier ici tous les professeurs tant pour leur dynamisme que pour leur créativité.

 

Au-delà de cette première réflexion concernant notre projet d’établissement, une seconde me vient immédiatement à l’esprit. Elle concerne justement nos élèves.

 

Je tiens à redire ce que j’ai écrit dans le petit éditorial du programme de notre Fête de printemps. « Priorité à l’éducatif », telle est aujourd’hui ma conviction. Il ne faut pas être devin pour se rendre compte que le profil de nos élèves va peu à peu se modifier. Les conséquences de trois décrets inscriptions successifs se font déjà et vont se faire sentir.

 

Aujourd’hui, des parents qui ne jouissent d’aucune priorité (fratrie, enfants du personnel, école adossée) et qui pourtant, avaient pour objectif pour leurs enfants de les inscrire à Erpent ont de moins en moins de chance de venir y faire leur scolarité. Je pense à nos élèves qui traditionnellement nous venaient de Profondeville - Ciney - Gembloux - Eghezée.

 

Il importe donc au niveau éducatif d’oser davantage le non, de faire preuve chacun à notre niveau d’exigence. C’est d’ailleurs la commande sociale de nombreux parents !  

 

Oser le non, c’est montrer qu’une institution a des règles clairement exprimées et que les membres qui la composent, ont des limites. L’objectif n’est pas d’ostraciser davantage d’élèves, toute exclusion est un échec de l’institution.

 

L’objectif que je fixe est de réagir plus vite et d’être plus clair dans le message envoyé à l’élève et ses parents. Cette réflexion sur l’éducatif sera avec une réflexion sur nos pratiques d’évaluation un chantier prioritaire pour l’année prochaine.

 

Sur ces propos peut-être un peu trop graves, je vous souhaite des vacances d’été tant apaisantes que vivifiantes. Les épreuves de fin d’année sont toujours une période stressante pour les élèves comme pour leur famille. Les vacances doivent donc demeurer avant tout un moment privilégié, celui d’une pause salutaire indispensable et incontournable pour mieux surmonter les défis de la prochaine année scolaire.

 

 

Stéphan de BRABANT

Directeur

Le 4 juin 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EDITORIAL SEPTEMBRE 2010 - M. de Brabant &

 

« La plupart des gens regardent les choses comme elles sont et se disent : pourquoi ?
Moi, je regarde les choses comme elles pourraient être et je me demande : pourquoi pas ? »

                                                                                                                                              (John Fitzgerald Kennedy)

Le navire CNDP a largué les amarres ce mercredi 1er septembre. Une année scolaire recommence, destination juin 2011 à vitesse de croisière, toutes voiles déployées. L’équipage est au complet, tous à leur poste, prêts à affronter avec enthousiasme et dynamisme les vents contraires et les turpitudes liées nécessairement au cheminement dans une année scolaire.

 

Nous comptons à l’heure où je vous écris 1158 passagers !

 Inscrire, accueillir, orienter  ces passagers n’est pas toujours facile. Cette année-ci, quelques élèves attendus ne se sont pas présentés à l’heure du départ, ce qui a provoqué quelques difficultés organisationnelles temporaires.

 

C’est aussi sans compter sur les déçus qui espéraient tant faire partie du voyage et à qui on avait, en toute bonne foi, refusé l’inscription … faute de places disponibles. Cela pose évidemment la question de l’enseignement perçu comme un supermarché ou une grande surface où chacun prend ce qui lui convient peu importe le contexte global. Cela pose à nouveau la question de l’intérêt individuel qui prime sur l’intérêt collectif. Consigne a donc été donnée aux membres de l’équipage de se montrer plus rigoureux encore.

 

Le début de l’année est  un moment tout particulier où l’élève doit à la fois s’adapter à ses nouveaux choix d’options, à une nouvelle classe et enfin à une nouvelle équipe pédagogique.  Cela demande parfois du temps, de la confiance mutuelle, chacun devant en effet faire l’effort d’apprivoiser l’autre.

 

Certains élèves, à qui les conseils de classe ont décidé de faire confiance en juin 2010, devaient représenter un ou plusieurs tests en septembre. Ils sont nombreux à nous avoir montré que notre confiance était fondée. Des progrès ont été effectués, un travail a été fourni pendant les vacances. Pour d’autres, par contre, l’investissement a été quasi nul avec dès lors des résultats très décevants. Nos adolescents sont parfois trop complaisants vis-à-vis d’eux-mêmes ou trop vite découragés. C’est en refusant d’assumer la difficulté que nos élèves se trompent. Je tiens à rappeler que « le résultat de cette épreuve organisée par les professeurs en début d’année constituera un indicateur déterminant pour alimenter la réflexion du conseil de classe et l’aider à prendre une décision» (Règlement des études page 56).

 

Les projets pour cette année sont encore nombreux parmi lesquels j’en citerai deux. D’une part, l’adhésion du Collège à un projet Comenius afin d’ouvrir nos jeunes (élèves de 5ème année prioritairement) à la fibre européenne. D’autre part, la mise en place pour deux classes pilotes de 1ère du passeport TIC (Technologie de l'Information et de la Communication) destiné à amener les jeunes élèves à utiliser l’outil informatique de manière pertinente et éthique dans le cadre de leurs études.

 

Pour conclure, je désirerais mettre en valeur la devise du Collège : « Magis » (« Plus est en toi »). Cette devise figure sur de nombreux documents. Bien souvent, on oublie ou on interprète sa véritable signification. Elle constitue pourtant la base de notre projet éducatif et pédagogique. Elle veut faire comprendre à nos jeunes qu’il n’y a pas de situation irrémédiable, qu’ils ont en eux de réelles richesses et de vraies potentialités. Il leur appartient de les développer et de les mettre en valeur. Elle appelle donc à un constant dépassement de soi-même !

 

L’année scolaire est maintenant bien entamée. Le voyage sera encore long. Confiants en l’avenir, nous sommes là, professeurs, éducateurs, membres de la direction et en partenariat avec chaque parent, pour amener tous nos  jeunes passagers à bon port.

 

Je vous souhaite, à vous et à vos enfants, une excellente année scolaire !

 

Stéphan de BRABANT

Directeur

Le 16 septembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EDITORIAL DECEMBRE 2010 - M. de Brabant   &

«Notre situation dans le temps n’est pas enfermée dans le présent;

elle est liée à un passé qui a défini notre identité,

et à un futur qui le remet en question. »
                                                                                                       

Charles Taylor

       

Le collège évolue, la société change ! Le rapport à l’école de l’élève se transforme peu à peu.

 

Pourquoi ?

 

Tout d’abord, le sens des savoirs et de leur valeur intrinsèque n’est plus du tout une évidence. La démotivation des élèves tend à gagner du terrain ! Il est dès lors important pour une équipe éducative de s’interroger collectivement sur ses stratégies d’apprentissage et d’adapter avec humilité et intelligence une attitude réflexive sur ses propres pratiques.

 

Ensuite, la relation entre la famille et l’école est devenue plus difficile, empreinte de méfiance, voire parfois conflictuelle. Désamorcer ces tensions, remettre la valeur de la confiance à sa juste place me semblent dès lors évidents.

 

Enfin, l’autorité de la fonction d’enseignant est sans cesse remise en question alors qu’elle est indispensable en éducation. Il s’agit d’un fait de société énergivore pour chacun.

 

Ces trois éléments constituent très certainement les raisons qui poussent beaucoup de jeunes enseignants à se détourner de leur vocation initiale. De même, certains professeurs pourtant expérimentés ne se retrouvent plus dans le modèle scolaire d’aujourd’hui. La démotivation peut aussi les guetter ! ! !

 

Je pense dès lors, puisque le contexte se complexifie, qu’il importe  pour nous enseignants d’inventer des moyens appropriés afin de maintenir un contact constructif et ferme à la fois entre les jeunes et l’école.

 

Il importe de proposer aussi une école ouverte à tous, respectueuse de chacun, une école d’excellence qui inclut plus qu’elle n’exclut. Même si parfois, ponctuellement, nous constatons que sont encore présentes en interne certaines valeurs élitistes. Même si trop souvent  l’image que l’on conserve du Collège à l’extérieur est celle d’une institution indifférente aux difficultés d’apprentissage des élèves.

 

Ce n’est pas l’image que je souhaite que l’on attribue au Collège car ce n’est pas la réalité de notre quotidien. Une autre culture d’école est en train de s’implanter !

 

En effet, j’observe que d’une part, on ne cesse de multiplier les structures d’aide et de soutien aux plus faibles et aux plus fragiles. D’autre part, nous tenons de plus en plus majoritairement des discours encourageants et constructifs. Notre taux de réussite demeure excellent pendant les 6 années du secondaire mais au-delà aussi quand le jeune entreprend des études supérieures ou universitaires. La très grande majorité des enseignants se soucie réellement de l’élève en difficulté que ce soit d’ordre pédagogique, familial ou personnel et ce, dans la droite ligne de la tradition jésuite de la  «cura personnalis».

 

Nous voulons enfin une école qui  continue à donner un enseignement exigeant et de qualité tout en vivant réellement et intensément des valeurs de respect, d’engagement, de générosité et d’humilité. Chaque instant vécu au Collège oblige à des choix de valeurs qui éduquent aux valeurs les jeunes qui nous sont confiés.

 

En effet, davantage que  les matières, ce sont les valeurs transparaissant à travers les attitudes et les comportements que les élèves retiennent.

 

Une école qui nourrirait une certaine indifférence à l’exclusion quelle qu‘elle soit pourrait  former des jeunes peu soucieux eux-mêmes  au bout du compte de justice et d’inclusion sociale.

 

A contrario, une école où les élèves seraient sans cesse encouragés,  où les professeurs seraient passionnés par leur métier, exigeants envers les élèves comme envers eux-mêmes,   où les activités  seraient très nombreuses et variées, cette école, transmettrait les valeurs que nous défendons. 

 

Le temps passe vite et déjà l’année se termine. Je ne voudrais pas manquer de souhaiter à chacun et à chacune d’entre vous une fête de Noël chaleureuse, une fin d’année couronnée de moments uniques et précieux et enfin une année 2011 illuminée de réussites et de joies.

 

Erpent, le 6 décembre 2010

Stéphan de BRABANT

Directeur

 

 

 

 

 

 

 

 

EDITORIAL JUIN 2011 - M. de Brabant  &

 

RESTAURER L'AUTORITE

 

La reconnaissance de l’égalité des personnes est l’aboutissement heureux de siècles d’une âpre lutte contre l’injustice, l’inégalité et une certaine inhumanité.

 

C’est le résultat des idées généreuses véhiculées particulièrement par les philosophes du siècle des lumières et de la Révolution française où on a prôné, avec raison, la liberté, l’égalité et la fraternité.

 

Aujourd’hui, force est de constater qu’il est de plus en plus difficile d’exercer une autorité. Tout est remis en cause, la contestation est devenue la règle au non de la singularité de chacun. Il est difficile dés lors d’exercer une profession d’autorité car tout devient relatif, tout est suspect. Chacun considère sa vérité comme La Vérité.

 

Par exemple, l’évaluation du professeur est sans cesse critiquée, relativisée quand ce n’est pas la personne du professeur qui est clairement remise en question.

 

Il est de plus en plus difficile pour le  professeur d’affirmer sa place dans la classe car sa légitimité n’est plus fondée naturellement.

 

Cette difficulté est vécue par tous ceux qui aujourd’hui exercent une fonction d’autorité … y compris par les parents.

 

Comment, dés lors, réhabiliter cette autorité ? Comment lui rendre sa légitimité d’antan ? Il s’agit, selon moi, d’un enjeu majeur pour la société de demain sans quoi, la porte est ouverte à l’anarchie et à la loi du plus fort.

 

Ce « malaise » que connait aujourd’hui l’école est révélateur du courant qui traverse aujourd’hui notre société. Source de perte de repères pour bon nombre d’adolescents et de démotivation, voire d’épuisement chez bon nombre d’adultes.

 

Ces mêmes philosophes, s’ils défendaient ces idées nouvelles et révolutionnaires, attiraient aussi déjà l’attention sur leurs effets pervers à long terme.

 

Montesquieu, par exemple dans  L’Esprit des Lois, dénonçait l’esprit d’insubordination créé par l’esprit d’égalité extrême. « Le principe de la démocratie se corrompt … quand on prend l’esprit d’égalité extrême, que chacun veut être égal à ceux qu’il choisit pour lui commander. Dés lors le peuple, ne pouvant souffrir le pouvoir même qu’il confie, veut tout faire par lui-même … Le peuple veut faire les fonctions des magistrats : on ne les respecte donc plus. Les délibérations du Sénat n’ont plus de poids : on n’a donc plus d’égards pour les sénateurs et par conséquent pour les vieillards. Si on n’a pas du respect pour les vieillards, on n’en aura pas non plus pour les pères … Il n’y aura plus de mœurs, plus d’amour de l’ordre, enfin plus de vertus … »[1].

 

 

Je ne voudrais pas manquer l’occasion de vous souhaiter avant tout bonne lecture,

d’excellentes vacances après toutes les émotions de fin d’année.

S’arrêter, se ressourcer, se plonger dans le calme et la sérénité, même peu de temps,

 c’est important pour repartir en pleine forme et du bon pied.

 

S. de BRABANT

Directeur



[1] Lagarde, Michard, XVIIIème siècle, p. 102.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EDITORIAL DECEMBRE 2011 - M. de Brabant &

 

L’élitisme : les trois priorités du Pouvoir Organisateur

 

            « Si je vous dis « élite sportive », vous acquiescerez probablement, jugeant qu’il est opportun de consacrer un maximum de moyens aux sportifs les plus doués… Par contre, si je vous parle « d’école élitiste », vous aurez certainement un moment de retenue et de gêne… C’est que dans le contexte scolaire, le terme d’élitisme est devenu politiquement incorrect, au nom de la promotion de la mixité sociale. Pourquoi cette image négative recouvre-t-elle les écoles jésuites et la nôtre en particulier ? Serions-nous donc incorrects ? Manquerions-nous à notre mission civique ? Qu’est-ce qui alimente cette représentation ? Le poids négatif de ces représentations et l’impression de manque d’objectivité de leur fondement  ont amené l’AG à initier depuis septembre une réflexion sur l’élitisme. »

Philippe Laoureux – Président du Pouvoir Organisateur – Mot du Président du P.O. (extrait 2010)

 

Entamée en 2010, cette réflexion lancée par l’assemblée générale du Pouvoir Organisateur. a permis à tous les acteurs du Collège de s’exprimer sur le thème de l’élitisme. Les professeurs du primaire comme du secondaire, les parents d’élèves, les anciens et les membres de l’assemblée générale ont pris le temps de confronter leurs idées et de déterminer leurs priorités. Au terme de ce processus, trois objectifs ont été clairement identifiés pour ces prochaines années. Il s’agit maintenant pour chacun de s’inscrire dans cette triple mission.

 

 

1.    «Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses scolaires, comportementales ou sociales».

 

Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses scolaires :

 

Le PO tient à rappeler que la remédiation doit d’abord être exercée en classe par chaque professeur. Il n’est pas pensable de monter dans le train de l’apprentissage et de constater au terminus que certains élèves sont restés sur le quai de la gare. Il s’agit d’une responsabilité pour chaque enseignant !

 

D’où l’importance de sans cesse avoir individuellement et collectivement une attitude réflexive sur les attitudes pédagogiques au sein du Collège. C’est le sens du travail effectué au sein des coordinations de branche au-delà de la conformité aux programmes. C’est aussi le sens des réflexions au sein d’une structure telle que le Carrefour Educatif et Pédagogique. C’est enfin le sens des formations dans lesquelles les enseignants s’engagent ponctuellement en fonction de leurs propres besoins, ce à quoi le PO invite chacun.

 

D’où l’importance aussi à pouvoir continuer à accorder à l’avenir des moyens structurels pour aider et accompagner au mieux les élèves en difficulté. Cette année, il n’y a pas d’étude dirigée en 2ème par manque de moyens structurels. Le maintien de ces structures de soutien doit demeurer une priorité pour venir en aide aux plus fragiles de nos élèves.

 

Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses comportementales :

 

Cela exprime le souhait de l’AG de continuer à miser sur l’accompagnement éducatif. Cela exprime sa volonté de ne pas laisser d’élèves sur le côté, de ne pas exclure d’élèves trop facilement. L’exclusion d’un élève doit demeurer l’exception et ne peut aboutir que lorsque tous les moyens ont été épuisés.

 

Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses sociales :

 

Cela invite à accueillir chacun au sein du Collège !

Le Collège jouit toujours d’une réputation excellente, avec des résultats excellents mais cette réputation d’élitisme est toujours très présente. Un Collège jésuite comme le nôtre est encore trop souvent suspecté de sélectionner ses élèves. Dés lors, il importe de réaffirmer que chacun est le bienvenu au Collège pourvu qu’il adhère aux exigences pédagogiques et aux valeurs éducatives promues par le PO.

 

2.    Mieux communiquer en interne et en externe sur le vécu de l’école et ses valeurs.

 

L’Assemblée Générale invite le Collège à maintenir et développer encore les outils de communication existants en pensant à exploiter au mieux les nouvelles technologies (site du Collège, journal d’école, bulletins informatisés, courrier électronique ….)

Il s’agit aussi de présenter à l’extérieur (via les media notamment)  les valeurs réellement vécues au Collège et ce, avec modestie et humilité, sans tapage excessif tout en faisant attention aux faux pas parfois lourds de conséquences …

Le PO rappelle enfin que le projet pédagogique et éducatif doit être collectivement, individuellement et loyalement porté par chaque membre de la Communauté Educative. Chacun, quelque soit son rôle dans l’Institution est un vecteur de la communication externe.  A ce stade, la responsabilité de tous est engagée !

 

3.    Analyser pour maîtriser le coût de la scolarité au Collège.

 

Il est fondamental en cette période de crise économique et sociale majeure, pour éviter d’accentuer encore tout ostracisme social, de se pencher sur le coût des activités.

Cette analyse  globale des activités extra scolaires pourrait déboucher sur des adaptations pour atténuer les coûts. Il est important de ne pas perdre de vue l’accessibilité de l’activité à tous les élèves. C’est pourquoi chaque activité un tant soit peu onéreuse doit faire l’objet d’une réflexion.

 

Maitriser les coûts, c’est aussi éduquer les élèves à mettre en place des financements alternatifs de leurs activités. Il importe de les amener à être non plus de simples consommateurs mais aussi des acteurs  qui financent en partie leurs activités (ex. Projet Maroc, Comenius, voyage des rhétos en Grèce, …). Il importe de s’engager encore davantage  dans la prise de conscience qui se fait jour peu à peu chez les élèves.  Depuis quelques années, un changement de mentalité est en train de s’opérer, il importe de l’encourager.

 

L’objectif étant de conserver une école en mouvement, ouverte sur le monde tout en étant attentif d’une part, à veiller à désorganiser le moins possible l’ensemble de la structure éducative. D’autre part, le nouveau contexte économique ambiant impose aussi un principe de réalité qui consiste aujourd’hui plus que jamais à tenir compte des aspects financiers.

 

En conclusion, c’est un travail, comme le dit Mr Laoureux « quelquefois peu visible » qui doit être mis en place. Un groupe de travail a donc été constitué pour continuer à entretenir ces trois priorités  vues comme des missions données aux acteurs du Collège. Il a été mandaté pour évaluer régulièrement la mise en œuvre de ces trois priorités.

 

Stéphan de BRABANT,

Directeur

Vendredi 16 décembre 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

&

  Accompagner l’adolescent en projet dans un collège jésuite 

A l’occasion du 400ème anniversaire de la présence jésuite à Namur, les Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix ont organisé les 19 et 20 octobre 2011 des ateliers et conférences autour du thème du patrimoine jésuite dédié à l’enseignement au sens large et à Namur plus particulièrement 

«La fin du secondaire n’est pas un simple arrêt sur une route bien tracée.

C’est plutôt le passage de la navigation fluviale à la navigation en haute mer.»

 (De Kettele – 1981)

Un Père jésuite donnant encore cours au Collège d’Erpent répète inlassablement que notre métier d’enseignant requiert beaucoup de patience et d’humilité car sans cesse celui-ci consiste, tels des remorqueurs, à amener les étudiants d’un port vers la Haute Mer.

Les deux images sont comparables !

           Comment, dès lors, préparer au mieux nos étudiants de fin de secondaire, encore marins d’eau douce, à devenir subitement des marins de haute mer ?

           Quels sont les moyens dont nous disposons dans l’enseignement secondaire pour permettre à nos étudiants d’exercer ce nouveau métier ?

           Quelles compétences développer et comment les développer ?

Ces compétences sont de différents ordres : méthodologiques, langagières, organisationnelles. S’y greffent également des qualités personnelles telles que la volonté, le dépassement de soi, l’autonomie, la prise d’initiative, l’engagement …

Comment, finalement, accompagner au mieux nos adolescents, forts de ces compétences, pour leur permettre de franchir cette transition, secondaire – supérieur/universitaire ?

Dans les collèges jésuites, on inscrira cet accompagnement dans le Projet Personnel de l’Elève (PPE). Celui-ci est en effet destiné à épauler l’élève d’abord dans son choix d’études, ensuite dans son choix de profession et enfin dans son choix de vie. Il doit s’agir d’un accompagnement où l’on chemine à côté de l’élève, où on lui donne du temps pour trouver son propre chemin tout en respectant son rythme.

Deux préambules :

           Il est important de souligner que ces moyens et modalités de l’accompagnement

sont nombreux et placés sous le signe de la diversité.

En effet, aucun outil ne pourra convenir à tous les adolescents.

           Dans les collèges jésuites, nous souhaitons que l’adolescent se mette en projet, qu’il soit en projet. C’est autre chose que d’avoir un projet.

Etre en projet ce n’est pas s’inscrire nécessairement dans un projet précis, c’est davantage développer une dynamique d’engagement tant dans le travail scolaire que dans la réalité sociale et économique qui entoure l’étudiant.

C’est la raison pour laquelle, dans le PPE développé au Collège d’Erpent, nous insistons dans nos activités proposées sur trois domaines ou trois niveaux du projet de l’adolescent.

Le 1er niveau concerne le projet d’orientation scolaire,

Le 2ème niveau concerne l’accompagnement de l’élève dans la construction de son projet d’insertion socio professionnelle,

Le 3ème niveau concerne le projet de vie au sens plus large.

1. Le projet d’orientation scolaire :

Il est nécessaire d’aider le jeune à trouver sa voie dans la diversité des filières et des parcours de formation, et ce, tout d’abord au sein même de l’institution scolaire (collège), ensuite au sein des institutions supérieures et/ou universitaires.

Il est important à ce stade de permettre à l’élève de récolter un maximum d’informations afin d’être suffisamment outillé pour permettre ultérieurement une prise de décision « en toute connaissance de cause » (soirées d’information avec le service d’information et d’orientation des FUNDP et de l’UCL, salons d’orientation, SIEP, portes ouvertes des hautes écoles et universités, PMS …).

En permettant à l’étudiant d’acquérir une meilleure connaissance de soi à travers des activités organisées durant les cours au sein des classes. Il s’agit ici d’aider les étudiants à identifier leurs motivations, leurs forces, leurs éventuelles faiblesses.

Un tel travail de réflexion et de connaissance de soi est exigeant, parfois déroutant.

Mais ces divers moyens permettent parfois de dépasser la spontanéité d’un choix non réfléchi. L’étudiant est amené à mûrir profondément les véritables raisons de son choix. C’est là que se joue l’excellence au sens ignacien.

Aujourd’hui on constate que ce sont les élèves du 3ème degré qui sont  principalement concernés par ces démarches. Or, je plaide davantage pour une école «orientante» dès le début du secondaire où tous les acteurs et intervenants de l’école et de la communauté éducative se sentent concernés par l’accompagnement du jeune dans sa maturation personnelle et vocationnelle.

Il s’agit d’éduquer l’élève à choisir !

Et je pense que chaque professeur, par le fait même d’enseigner, apprend nécessairement à l’élève à choisir.

P. ex. :

choix du thème d’un travail,

choix d’une destination de voyage d’étude,

choix d’un livre à analyser,

choix d’une activité sportive …

Il est fondamental d’amener l’élève à apprendre à choisir pour qu’il prenne conscience de sa capacité à avoir prise sur sa vie, pour qu’il soit responsable des orientations qu’il aura prises et surtout pour qu’il s’y tienne.

Porté par une décision personnelle, l’étudiant sera davantage amené à mettre en place des stratégies pour mener à bien son projet.

Faire confiance aux élèves dans leur capacité à choisir, c’est leur donner des clés pour grandir. Cette confiance est ainsi  illustrée dans cette idée chère à la pédagogie ignacienne  qu’est le Magis «Plus est en toi». Confiance reçue, confiance donnée. Je pense qu’il n’y a nulle autre voie efficacement éducative. La voie de la confiance refusée ou même trop mesurée conduit immanquablement à une impasse.

2. Le projet d’insertion socio professionnelle :

A ce niveau, le jeune doit envisager concrètement sa sortie du monde scolaire.

Il doit envisager le moment où, par choix d’un métier précis ou d’une orientation précise, il sait qu’il va basculer dans le monde des adultes. Il lui faut se projeter dans son futur d’adulte ... et ce n’est pas facile !

Il importe là de stimuler des démarches actives d’exploration et de confrontation. L’adolescent va être confronté à la réalité du terrain professionnel et sera amené à effectuer des démarches concrètes.

Par exemple :

-           accompagner des professionnels sur leur lieu de travail (élèves de 6ème : conseils de classe de Noël – élèves de 5ème : conseils de classe de Pâques); il s’agit d’une activité obligatoire pour tous.

-           rencontre avec des professionnels sur des temps de midi (« Les midis des métiers ») : membres du Rotary, parents, anciens du collège.

-           rencontre avec des étudiants – niveau Bac 3 – sur des temps de midi pour mieux appréhender et comprendre la vie étudiante (ses attraits et ses dangers).

L’engagement au 3ème degré dans des heures de cours qui sont des cours de préparation aux études supérieures en mathématique et en sciences. L’objectif étant principalement d’inculquer aux étudiants une méthode de travail plus que d’intégrer une matière supplémentaire. Ces cours rejoignent les objectifs du PPE et aident aussi à la maturation vocationnelle du jeune.

A côté de ces activités plus spécifiquement orientées vers le monde professionnel, l’engagement du jeune dans une activité tels un tournoi d’éloquence, une pièce des rhétos, un concert musical et instrumental, une équipe de rugby … amènera inéluctablement l’adolescent à mieux se connaître, l’aidera à prendre confiance en lui, suscitera même parfois des vocations.

Ces activités, quelle qu’en soit la forme, supposent engagement et initiative, de sorte que chacun puisse expérimenter les qualités qu’il peut déployer, les obstacles qu’il doit surmonter et s’assurer en même temps de la fermeté de son engagement.

3. Le projet de vie :

Il faut entendre :

           les choix fondamentaux de l’existence,

           les choix métaphysiques et religieux,

           les valeurs éthiques,

           les options politiques.

Il s’agit donc bien d’accompagner le jeune dans son projet existentiel global, dans la maturation de son choix de vie : « Qui voudrais-je être demain comme citoyen, comme consommateur, comme père ou comme mère demain ? »

Il est clair qu’au sein de chacune des activités que l’élève choisira (parrainage des 1ères, chantiers « jeunes », opérations de solidarité, retraites de plusieurs jours au cycle supérieur), les maîtres-mots sont à nouveau « engagement » et « responsabilité ».

Nous voulons vraiment former à travers ces activités des hommes et des femmes prêts à s’engager pour les autres 

D’une part, il existe beaucoup d’activités possibles qui créent un climat d’école où on responsabilise au maximum les étudiants en leur offrant souvent la possibilité  de  s’exercer  à  créer des projets et à développer leur  identité  (cfr. Conseil de participation). Ces projets leur permettent aussi de développer d’autres compétences que celles exercées habituellement en classe. 

Un élève peut être brillant en classe et n’avoir aucune autonomie, aucun sens de l’engagement extra-scolaire et aucune prise d’initiative personnelle. Un autre, moins brillant, pourra par contre  montrer des aptitudes insoupçonnées qui constitueront peut-être une force pour lui en abordant des études supérieures et/ou universitaires.

En conclusion, je pense que, plus que par le passé, l’apprentissage scolaire tel que nous l’envisageons, permet de donner à l’élève une véritable éducation à l’orientation.  Cette éducation à choisir et à s’engager lui fournit des clés et des compétences  qui lui seront utiles tout au long de son existence. Il importe pour cela que chaque enseignant se sente concerné par cet enjeu.

Il ne suffit pas d’informer, de débattre, mais il faut que nos pratiques pédagogiques quotidiennes éduquent l’élève à choisir et à se tenir à sa décision. Ce projet demande de la part des professeurs beaucoup d’engagement et de disponibilité.

Ensuite, je voudrais souligner que l’accompagnement dans l’orientation est globalement un processus non directif fait de propositions d’activités. Il importe en effet de laisser toute sa place à la découverte personnelle. Il ne suffit pas à l’enseignant d’être surveillant, il lui faut aussi être bienveillant : encourager, stimuler, remotiver, secouer, féliciter ou simplement écouter. De cette bienveillance  dépendra aussi l’audace du jeune à initier  une démarche personnelle.

Aujourd’hui cependant, nous continuons à imposer certaines activités (stages professionnels, retraites, activités du PPE dans le cadre scolaire) tant il est vrai qu’il nous est apparu souvent difficile d’amener l’adolescent à être un acteur spontané et responsable de sa propre orientation.

Sans doute enfin, l’enseignement secondaire en général vu ses objectifs parfois mal définis et vu ses moyens relativement limités, ne conduit-il pas l’élève à développer suffisamment certaines compétences présentées en introduction. Je crois vraiment, que les étudiants doivent être bien conscients de l’utilité de ces compétences, intimement liées, selon moi à la réussite académique.

C’est ainsi que le projet éducatif d’un Collège jésuite consiste à former des personnes autonomes et responsables, au service des autres, ouvertes sur le monde et surtout capables de s’engager.

Notre pari est de penser que ces qualités une fois acquises, l’adolescent pourra plus fermement définir un choix d’études supérieures, poser un choix professionnel et surtout voir émerger et se construire un authentique projet de vie…

Stéphan de Brabant

Directeur

déc. 2012

 

 

 

 

 

 

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EDITORIAL DECEMBRE 2012 - M. de Brabant   &

 

DEVELOPPEMENT DURABLE

 

Dans un contexte où le concept de développement durable s’intensifie au niveau international, national et même local, l’école qui est un vecteur de transmission des savoirs mais aussi des savoir-être constitue un lieu prioritaire pour aborder le développement durable et sensibiliser les élèves à certaines démarches citoyennes.

 

Même si l’exemple ne vient pas d’en haut quand on constate le maigre accord « arraché » à Doha sur le climat, le Collège a choisi de s’inscrire dans la réalisation d’un agenda 21 (actions pour le XXIème siècle).

 

Le projet a été présenté au Conseil de participation par une représentante de l’asbl COREN [1]. L’objectif est de s’engager pour le développement durable en ayant une vision sur le long terme. Il s’agit d’abord de rechercher une cohérence dans nos actions. Une cohérence entre un discours et une pratique, entre par exemple l’éducation à la santé et les actions concrètes de promotion de la santé.

 

Il convient donc d’abord de relever tout ce qui se fait au sein du Collège afin de fédérer ce qui existe déjà en matière de gestion des déchets, politique d’achats, énergie, cantine scolaire, mobilité, bien-être … Il s’agit surtout là d’éco-gestion.

 

Ensuite, il faut trouver une cohérence au niveau du discours éducatif. « Faire » du développement durable, c’est aussi tenter de décloisonner les savoirs et les pratiques éducatives, de croiser les disciplines.

 

L’objectif pédagogique serait d’amener chaque élève à être un éco-citoyen afin qu’il adopte un autre regard sur ses habitudes de consommation non durables.

 

Il s’agit ni plus, ni moins, d’une éducation au choix. Choix de ce qu’on veut pour soi-même et pour la planète.

 

L’objectif est d’accompagner l’élève à approcher la complexité du développement durable. Par exemple, un projet sur l’alimentation pourrait envisager d’inclure les aspects santé (équilibre alimentaire …), environnement (conditions de production, pollution, industries, …), solidarité (commerce équitable, réalités sociales et politiques, …)

 

Voici donc un vaste défi pour une école où la concertation et surtout la collaboration seront des éléments essentiels à la réussite d’un tel projet.

 

En regardant vers des lendemains durables à laisser aux futures générations, je profite de l’occasion pour vous présenter mes meilleurs vœux de joie, de santé et de réussite pour 2013.

Stéphan de Brabant – Directeur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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EDITORIAL DECEMBRE 2013 - M. de Brabant

 

LE COLLEGE D'ERPENT AUJOURD'HUI

 

 

Présenter le Collège en quelques mots, c’est déjà une longue histoire en soi. Le Collège a changé, le Collège change et changera encore. Fort de son identité jésuite, il s’adapte et s’efforce d’innover dans son domaine de compétences qu’est l’éducation, l’enseignement et l’orientation.

 

Ouvert sur le monde extérieur, le Collège forme des femmes et des hommes pour les autres, enseigne l’exigence pour tendre vers l’excellence, motive l’élève pour le faire progresser et faire émerger le meilleur de lui-même. L’attention à l’élève en difficulté d’apprentissage occupe une place particulièrement prépondérante dans le projet pédagogique et éducatif.

 

En matière d’orientation, une évidence : plus l’éventail de choix est diversifié, plus le taux de réussite décolle. Les activités complémentaires et les options sont nombreuses. Un descriptif complet est disponible sur demande ou sur simple consultation de notre site : www.cndp-erpent.be.

 

En 1ère année commune, le latin (2 heures) est une activité complémentaire obligatoire. En effet, ce cours est vécu comme un complément au cours de français, compétence de base fondamentale. C’est aussi l’occasion offerte à chaque élève d’expérimenter au moins une fois un tel cours de tradition humaniste. L’élève choisit une seconde activité comme le sport, l’art plastique, l’expression orale, l’actualité, les langues modernes, la culture antique, l’électricité … L’éducation plastique et musicale occupent une plage horaire d’une heure et sont inclues dans la formation commune. Cette spécificité du Collège a pour but de sensibiliser les élèves à l’invisible et à l’impalpable.

 

En 2ème année commune (année de certification), des activités spécifiques de soutien en mathématique, en langues modernes et en français sont organisées. Les activités complémentaires (3 heures) au choix sont au nombre de 3 : sciences, latin, socio-économie. Cette activité complémentaire est combinée à un module d’1 heure : expression orale, art plastique, sport, électricité/électronique, grec, initiation à la vie économique et sociale.

 

Au 2ème degré (3°-4° années), outre 6 orientations de base classiques : sciences, latin, grec, langues modernes, sciences économiques et sciences sociales, 12 combinaisons d’orientations sont proposées aux étudiants. Les élèves avec un profil plus ancré sur les aspects concrets et pratiques ont la possibilité de s’orienter vers la section de technique de transition – sciences appliquées.

 

Au 3ème degré (5°-6° années), nous proposons des options de base (latin, grec, sciences économiques, sciences sociales, anglais, néerlandais, espagnol, histoire, éducation physique) et des activités complémentaires (complément français, questions de psychologie) qui peuvent être combinées entre elles. Nous attirons l’attention sur notre unique section technique de qualification, souvent méconnue : les techniques des industries agro-alimentaires.

 

La direction oriente l’équipe pédagogique vers l’aide à l’élève en difficulté. L’exigence ne laisse pas les élèves plus fragiles sur le côté. Etudes dirigées, remédiations, rattrapages, activités spécifiques de soutien, méthode de travail, suivi logopédique sont surtout actionnés au cycle inférieur mais également plus ponctuellement au cycle supérieur. Un coordinateur  pédagogique par année d’étude est chargé de suivre les élèves mais plus particulièrement celui qui éprouve des difficultés. Il l’aide à optimiser sa progression personnelle.


 

A côté de cet accompagnement pédagogique, le Collège insiste aussi sur l’encadrement éducatif. Une équipe de 7 éducateurs accompagne les élèves : un par année d’étude et un éducateur particulier pour la section technique de qualification. Ce soutien éducatif est fondamental car il est la garantie d’un enseignement de qualité.

 

Des projets pour l’avenir, le collège en formule tous les jours. Il en réalise de nombreux. Le calendrier d’une année scolaire est largement investi par de nombreuses activités extérieures, des retraites, des classes vertes, des voyages d’études. L’infrastructure scolaire se développe : une école maternelle, un 2ème hall de sport et un centre multi média verront le jour prochainement.

 

Dans un monde où le concept de développement durable s’institutionnalise au niveau international, national et local, le Collège en tant que vecteur de transmission de savoirs, savoir-être et savoir-faire est inscrit dans un programme de préservation de l’environnement, appelé Agenda 21 et développé par l’ASBL Coren. Nous sommes convaincus que l’avenir des générations futures passe par la sensibilisation des jeunes, qui nous sont confiés, aux enjeux économiques, sociaux mais surtout environnementaux.

 

Enfin, le calme, la verdure, la situation idéale en périphérie de Namur et les facilités de parking permettent à l’école de se développer natuellement dans un contexte en constante transformation.

 

 

Stéphan de Brabant - Directeur

28/11/2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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EDITORIAL NOVEMBRE 2014 - M. de Brabant

Le monde est en perpétuel mouvement! La société se transforme vite, très vite. Les hommes et les femmes qui la composent, cherchent par leurs actions, leurs réflexions, leurs engagements à lui donner du sens. Il en va ainsi depuis des siècles. Le contexte social, économique, politique que nous connaissons aujourd’hui ne peut que renforcer notre interpellation quant à la vision que nous nous faisons de notre avenir et celui que nous voulons léguer à nos enfants.
De retour d’un congrès européen de 3 jours à Strasbourg rassemblant des directions de collèges jésuites de plus ou moins 20 pays différents, il m’est apparu important de partager certaines des grandes idées qui ont été abordées autour du thème central:
« Restaurer la confiance : l’éducation jésuite au service de l’idéal européen ».
Ces journées ont été rythmées par quelques conférences et des ateliers en petits groupes.
Une conférence avait pour thème: L’avenir de l’Europe.  Dans son exposé, Pierre Defraigne (économiste, directeur de la Fondation Madariaga-Collège de l’Europe et ancien élève de Saint-Michel) nous dit que la renaissance de l’Europe, la défense de la démocratie et le bien vivre ensemble passent nécessairement par l’esprit. Aujourd’hui, de manière plus marquée dans une partie de l’Europe, on voit une société où l’individualisme, le matérialisme et l’égoïsme règnent en maître. Cela engendre une certaine forme de repli sur soi, ce qui est à l’opposé de l’idéal européen. Ce constat appelle à la nécessité d’un nouveau modèle de société, qui ne peut provenir que des jeunes à travers l’éducation ! Le postulat étant que les Collèges constituent peut-être le meilleur lieu pour incarner … et faire vivre le rêve européen.
Une autre conférence abordait le thème suivant: « Le rôle de l’imagination dans la recherche d’une vision alternative » (Paul Gallagher (s.j) de nationalité irlandaise et professeur à l’Université d’Oxford).
« La petite mèche du possible ne peut qu’être allumée par l’imagination ». L’école et ses acteurs acceptent-ils de s’engager dans une vision alternative ? Telle est en substance la principale idée du père Gallagher. Celui-ci a poursuivi son intervention en disant que la culture à l’école représente un enjeu vital pour l’éducation; que le rôle de l’imagination est lui aussi primordial pour tendre vers un nouveau modèle de société. La créativité et l’action sont, selon lui, les piliers obligatoires si l’on veut éviter l’immobilisme stérile.
Quelques ateliers ont aussi alimenté notre réflexion, comme par exemple: comment l’éducation jésuite peut-elle contribuer à un nouvel idéal européen ? Il en ressort qu’il faut réaffirmer la tradition humaniste qui favorise les rencontres, l’ouverture, la confiance. Il importe aussi de proposer aux élèves des expériences fortes (de solidarité, d’engagements, de rencontres, de dialogue avec d’autres cultures). L’objectif étant de toucher les élèves, de les sensibiliser à des causes justes, humaines et solidaires. Ces expériences doivent être vécues comme autant de moments fondateurs dans la construction d’un jeune. Il nous faut, enfin, revenir à davantage d’intériorité, de réflexion, de mise à distance du monde d’aujourd’hui. De pouvoir y puiser des forces et de l’énergie pour précisément pallier à la pression colossale qu’exerce la société sur chacun d’entre nous. Et c’est au sein de chaque école que l’on peut agir :
-   En favorisant des prises de contacts et en multipliant les rencontres
-   En jetant des ponts
-   En combattant les replis identitaires et en sortant de nos préjugés.
En conclusion de ce congrès, il est rappelé que nos élèves doivent devenir les artisans de l’ombre, visant à combler le déficit démocratique grandissant et l’individualisme exacerbé. Certains témoignages de collègues espagnols, italiens, hongrois notamment démontrent à quel point nos sociétés européennes sont malades et doivent faire face à nombre de fermetures d’écoles, d’hôpitaux, de restrictions multiples, de nombreuses privations.  Mais le salut de l’Homme est précisément d’avoir toujours su faire face à l’adversité. Au prix de courage, de persévérance, de foi, de conviction et d’action. Alors à nous, à travers l’éducation de nos élèves, de nous inscrire dans cette perspective qui offrira – j’en suis convaincu - un monde plus juste, plus solidaire et plus équilibré.
   
Stéphan de Brabant
Directeur

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EDITORIAL NOVEMBRE 2015 - M. de Brabant

Dans le contexte de l'école d'aujourd'hui, la question du rapport de l'élève avec le savoir pose question. Que faire et surtout comment faire pour réinstaurer chez nos élèves la soif d'apprendre? Comment réconcilier le jeune avec l'institution scolaire? Comment créer davantage d'enthousiasme et d'envie de se dépasser?
D'abord il me semble fondamental de renforcer le sens des savoirs scolaires afin que les élèves comprennent qu'il y a interactivité entre ce qu'ils apprennent à l'école et ce qu'ils vivent à l'extérieur de celle-ci. Cette notion de sens demande de la part des équipes pédagogiques l'humilité d'avoir une attitude réflexive sur les pratiques d'enseignement et justement sur le sens de ce qui est fait en classe. Il faut se centrer non pas sur tout ce qu'il est possible de savoir mais sur ce qu'il n'est plus permis d'ignorer. Connaître par exemple les causes et les conséquences de la première guerre mondiale est un essentiel. Prendre le temps d'aller à Verdun pour comprendre de visu les effets désastreux d'un nationalisme exacerbé donne davantage de sens à la démarche historique. Cette démarche ne peut qu'aider à former des jeunes capables de ressentir, comprendre, juger et se positionner en toute connaissance de cause et avec un maximum d'esprit critique.


Ensuite, je pense qu'il faut élargir la perspective de l'éducation à la créativité et à la culture. C'est un peu le sens de la semaine de la musique organisée d'ici peu au Collège. Cette éducation à la créativité, à la culture, au sens de l'estéthique engendre des effets bénéfiques sur la maîtrise des savoirs fondamentaux (lire, écrire, calculer, argumenter), sur la diminution des incivilités, actes de violence et autres décrochages scolaires ainsi que sur le développement de la citoyenneté. Ces activités culturelles, à l'image de la pièce des rhétos, retissent le lien social et construisent un référentiel commun aux élèves.


Enfin, une autre voie pour accentuer le goût des élèves à apprendre est d'ouvrir l'école sur l'environnement extérieur. C'est d'ailleurs un des fondements de la pédagogie jésuite. Cette ouverture doit susciter chez nos élèves la curiosité et parfois l'envie de s'identifier à des parcours de vie (c'est le sens des midis des métiers organisés aujourd'hui au 3ème degré!). Il faut inciter l'école au décloisonnement et créer sans cesse des liens entre le contenu scolaire et l'environnement culturel, politique et socio-économique. L'école doit permettre au jeune d'expérimenter , de se confronter à la "vraie vie" (c'est déjà le cas au 3ème degré à travers les stages d'observation en milieu professionnel).


Je m'interroge dès lors sur l'ouverture du Collège à l'Europe, sur la sensibilisation de nos jeunes aux défis majeurs de notre société de demain (le Collège est aujour'hui très engagé dans l'Agenda 21).
Bref, le chemin pour créer de l'appétence pour la réalité scolaire sera encore long. Il faudra faire preuve d'audace pédagogique, il faudra accepter d'être mis en question dans notre propre manière de concevoir le monde de l'école. Ce monde est en ébullition mais l'enjeu est d'amener nos jeunes à renouer avec le goût d'apprendre. Il s'agit là d'un enjeu essentiel pour l'avenir.

Stéphan de Brabant
Directeur

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EDITORIAL FEVRIER 2016 - M. de Brabant

 

De retour d’un séminaire de 4 jours à Lyon rassemblant les directions des écoles jésuites de France et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, j’ai envie de vous partager très brièvement mes réflexions sur le thème de cette session, à savoir : « Le numérique, une chance pour nous faire grandir en humanité ».

En préambule, soulignons que la révolution numérique à laquelle nous assistons fait suite à d’autres grandes mutations culturelles comme ce fut le cas pour l’écriture ou l’imprimerie.

La révolution numérique n’est pas optionnelle, elle est déjà en marche et va complètement bousculer notre rapport au savoir, à l’autorité. La transformation numérique de l’enseignement passera par de nouveaux outils, par une relation pédagogique complètement transformée, par des infrastructures scolaires repensées. Aujourd’hui, le numérique dans les écoles peut apparaître comme un corps étranger venant perturber un ordre établi de longue date. Le détenteur de savoir qu’est le professeur, l’espace classe et le temps de cours sont en effet remis en question.

Et si par le jeu ou la vidéo, nos élèves prenaient à nouveau du plaisir à l’école au lieu de s’y ennuyer ? On ne peut qu’être interpellés de nos jours par les taux d’échecs et de décrochages scolaires en FWB. Et si la relation pédagogique évoluait dans le sens où le professeur ne serait plus le détenteur du savoir et où il y aurait échange et pourquoi pas construction à partir de la base, comme c’est déjà le cas avec la pédagogie du projet ? Et si les infrastructures scolaires étaient organisées sous forme d’espace numérique de travail (ENT) ?

Nos élèves, aujourd’hui, appelés aussi génération « C » pour Collaboration, Communication, Connection et Créativité, nous poussent dans le dos pour adapter notre enseignement. Il est temps de réinterroger une école dont la forme a été principalement construite au XIXème siècle. L’enjeu est vital, le changement risque d’être profond car il nous oblige à sortir de notre carcan scolaire. Ce dernier est par ailleurs très rassurant dans un monde de plus en plus complexe et global.

Un second enjeu, selon moi, dans cette société numérique sera de conserver l’essence même de notre projet éducatif éminemment humaniste, c’est-à-dire de continuer à inclure et accompagner chacun de nos élèves. Ce sera d’aider chaque jeune à devenir un être pleinement libre et capable de se battre pour plus de justice sociale. Il faudra fondamentalement conserver une humanité à la relation pédagogique. L'école idéale ne sera pas une école où tout est au numérique.

Enfin, le dernier défi sera de s’assurer que les enfants maîtrisent effectivement la technique de lecture, de calcul, ce qui n’est pas toujours le cas et ce, avant de les lancer sur les écrans. Que le numérique soit destiné à tous les élèves dès leur plus jeune âge pourrait être profitable. Par contre, que ces mêmes élèves n’aient pas une excellente maîtrise des compétences de base serait dommageable.

Une fois ces enjeux définis, nous pourrons accueillir un nouveau monde, vivre son émergence avec bienveillance …. et lucidité !



Stéphan de Brabant,
Directeur

&

 

EDITORIAL FEVRIER 2016 - M. de Brabant

Le Collège bouge, évolue au rythme des personnes qui le composent. Cette année, 12 nouveaux enseignants ou éducateurs se joignent à nous. L'important est que chaque adulte développe avec humilité des attitudes réflexives sur ses propres pratiques quotidiennes.
Quant aux élèves, il importe, plus que jamais, de les former, de les éduquer à l'ouverture via des activités de rencontres, de découvertes, d'échanges linguistiques. Ces nombreuses activités extra ou intra muros qui constituent autant d'expériences personnelles, ont l'immense avantage de donner aux jeunes du sens par rapport à leurs apprentissages.
Le contexte politique, économique et social actuel, que ce soit dans le monde (Nice-Alep) ou en Belgique (Caterpillar) ne peut que nous poser la question du respect, respect de l'autre, qu'il soit élève ou collègue. L'école est un lieu d'étude mais aussi et surtout un lieu de vie où nous devons apprendre ensemble à vivre ensemble. Aujourd'hui, par ces activités d'ouverture, nous souhaitons que ces jeunes se mobilisent, s'engagent pour un monde plus juste, plus solidaire, plus équitable.
C'est notamment le sens à donner à l'Agenda 21, processus dans lequel le Collège est engagé depuis 4 ans et dont nous vous avons déjà fait écho à plusieurs reprises. Cette année, ce sera le tri sélectif des déchets qui sera mis à l'honneur.
Enfin, que penser de ce pacte d'excellence? N'est-ce pas là l'opportunité ultime de "sauver l'école" (John Rizzo)? La FWB est championne toutes catégories en échec et décrochage scolaire. Est-ce une fatalité? Je pense qu'on ne peut continuer à s'engager dans la pédagogie du renoncement mais qu'il faut en revenir à l'enseignement des fondamentaux. Aujourd'hui, les savoirs sont dilués; il n'y a plus d'acquisition systématique de bases solides et rigoureuses. C'est d'ailleurs selon moi une des raisons du décrochage scolaire, les élèves sont "perdus". Il importe d'en revenir à des savoirs fondamentaux, du drill en grammaire, en conjugaison, en orthographe, en opérations mathématiques .... Il convient de réadapter des attitudes fondamentales comme le fait d'oser donner du travail régulier aux élèves (devoirs, leçons, ...). Le politique a tenté de faire croire par le passé que l'on pouvait se passer de cela!!! Beaucoup d'indices montrent aujourd'hui l'inefficacité de notre modèle pédagogique.
Comme vous le voyez, l'année scolaire qui vient sera pleine de défis. A nous, tous ensemble, de les relever pour le grand profit de nos élèves.

Bonne année scolaire!

Stéphan de Brabant, Directeur

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EDITORIAL JANVIER 2017 - M. de Brabant

 

Le pourquoi d'un "Pacte d'Excellence".

Les travaux pour un Pacte d'enseignement d'excellence évoluent.
Il est en effet impératif de faire évoluer l'école! Notre système scolaire rencontre de nombreux problèmes, particulièrement en termes d'efficacité et d'équité.
L'échec scolaire touche trop d'élèves. 20% des élèves en FWB ont déjà un an de retard en 6° primaire; 48% des jeunes à l'âge de 15 ans sont dans la même situation (en Flandre, ce taux est de 27% et dans les pays de l'OCDE, il est de 13%). La réduction du taux de redoublement est l'un des enjeux majeurs de ce Pacte d'excellence.
L'objectif est même ambitieux puiqu'il vise à réduire de 50% le redoublement d'ici 2030, tout en augmentant les résultats moyens des élèves dans les savoirs de base. Cela passera imanquablement par une révision de la formation initiale et continuée des professeurs, par le développement de l'innovation pédagogique et des pratiques collaboratives.
Un autre facteur expliquant le pacte est le taux de décrochage scolaire en FWB qui est l'un des plus importants des pays de l'Union Européenne. Il est de 13,1% en Wallonie, 15,6% à Bruxelles ... et 7,2% en Flandre! Il touche particulièrement l'enseignement technique et professionnel.
Ce Pacte est aussi motivé par le boom démographique. Il y aura 7% d'étudiants en plus en FWB dans les 10 ans. Il faudra par exemple créer 10.000 places à Bruxelles d'ici 2025. Il s'agit-là d'un défi politique majeur.
Un autre motif de repenser l'école est l'état pitoyable de certains bâtiments scolaires, victimes d'un sous-investissement chronique.
Il y a enfin, et ce n'est pas l'essentiel, les résultats dans les enquêtes internationales telles PISA, où la FWB est loin d'être en pôle position!
L'intérêt de la démarche aujourd'hui, c'est que tous les acteurs sont conscients de l'obligation d'un changement de cap. Ce Pacte a d'ailleurs été demandé aussi bien par les organisations syndicales, que les PO, les directions d'écoles et les parents. Chaque citoyen ne peut que vouloir une restructuration du système éducatif. Il faut cependant espérer que le politique acceptera, en couchant le Pacte dans des décrets, que celui-ci s'inscrive dans la durée et fasse l'objet d'une vision de l'école sur le long terme. Cela permettra peut-être, je l'espère, de mettre fin à des années d'errance de la gestion scolaire.

Stéphan de Brabant, directeur

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EDITORIAL AVRIL 2017 - M. de Brabant

 

Le Pacte d'Excellence : deux idées à pointer

 

Aujourd'hui, dans le concert des réactions au pacte d'excellence, on entend beaucoup de critiques, de réserves parfois fondées, mais souvent injustes.

Au risque de me répéter, ce pacte est une nécessité - et non une option - pour remédier à la situation catastrophique de l'enseignement en FWB. Echec scolaire, décrochage scolaire, pénurie d'enseignants .... C’en est trop! Le pacte, dans l'esprit du tronc commun de 12 à 15 ans, insiste sur deux notions qui méritent d'être relevées et encouragées.

D'une part, l'importance à accorder à l'apprentissage de la langue française qui - dixit le pacte - "doit être travaillée de manière transversale dans tous les autres cours". L'apprentissage du français possède un statut différent et une dimension centrale. C'est aujourd'hui le premier pré-requis nécessaire pour réussir des études supérieures et/ou universitaires. Au Collège, cela fait plusieurs années que nous jouons la carte de "l'immersion en langue française" tellement nous sommes persuadés de son importance. Tous les enseignants contribuent au développement du français et pas seulement ceux qui ont la charge de ce cours. Il doit s'agir d'une culture d'école, comme nous tentons de le faire, où chaque professeur insistera sur les compétences disciplinaires écouter/lire (les consignes par exemple)/parler/écrire. Ce renforcement de l'apprentissage du français voulu par le législateur nous réjouit donc!

L'autre aspect du pacte qui mérite notre attention est la volonté d'apprécier, de pratiquer et d'approcher différentes expressions artistiques. Il importe, aujourd'hui plus que jamais, d'avoir conscience du patrimoine culturel local, national, européen. Il est essentiel de comprendre que la diversité culturelle et linguistique chez nous et ailleurs dans le monde est un moyen extraordinaire pour véhiculer cette ouverture et cette richesse.  Je profite donc de cet édito pour remercier les nombreux professeurs engagés à Paris, en Italie, en Grèce, en classes vertes, au Burkina Faso, etc. Autant de moments de rencontres personnelles ... et culturelles!

C'est au sein du Collège, dans notre quotidien, que nous devons accentuer davantage encore cette dimension de l'expression artistique (merci aux professeurs qui ont organisé cette année le carême de la musique à la chapelle ... quelle magnifique initiative et quel succès auprès de nos élèves!). J'appelle de mes vœux ce genre d'expérience pour faire encore plus de notre école un lieu d'étude, un lieu de vie mais demain aussi un lieu de découverte artistique ...

 

 

Stéphan de Brabant


[1] http://www.coren.be/

 

 

 

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Mise à jour : 13/05/2017

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