Journée du Souvenir à breendonk

 

« La Seconde Guerre Mondiale...Voilà quelque chose dont nous avons tous déjà entendu parler et que nous connaissons tous dans ses grandes largeurs, en tout cas suffisamment pour ne pas avoir besoin de s’enrhumer dans un vieux fort juste avant nos retraites ! »

C’est à peu près dans cet état d’esprit que je partais à Breendonk ce mardi 9 février 2010. Effectivement, je connaissais déjà bon nombre de choses de ce que l’on nous dit durant la visite du fort et celle du musée (non pas que ce fut inintéressant, mais il faut bien avouer que j’aurais préféré rester chez moi). Je dis « bon nombre » pour une raison très simple : il y a une chose que j’ignorais totalement et qui m’a profondément choqué. En effet, dans les camps de concentrations allemands, outre les atrocités bien connues de tous concernant le gazage des Juifs, les conditions inhumaines dans lesquelles on les « stockait» (les verbes « loger » ou « conserver » ne correspondent absolument pas)  et la façon dont on les traitait, il était également question de faire des expériences sur eux. Ainsi, entre 1940 et 1945, on a tenté tout un tas d’expériences plus monstrueuses (le mot est faible) les unes que les autres dont des tentatives de greffes d’organes (sans anesthésie ni quoi que ce soit, à l’époque c’était de la folie vu le matériel à disposition), expériences qui en outre n’ont donné aucun résultat si ce n’est de faire souffrir jusqu’à la mort des innocents.

J’ignorais totalement ce fait, et j’avoue m’être senti très mal en voyant les photos des gens à qui c’était arrivé. Je ne suis pas du genre à défaillir à la moindre gouttelette de sang, mais vous ne pouvez pas comprendre sans les avoir vous-même vues.

Je considérais (bien sûr) déjà les Nazis comme des monstres, mais je pense que mon dégoût envers ces créatures (qui pour moi ne méritent plus le nom « d’hommes » après ce qu’ils ont fait) a décuplé à ce moment précis. Sachez qui plus est que les Nazis ramenaient avec eux des photos où ils tuaient des Juifs comme on rapporte aujourd’hui des souvenirs de nos vacances. Pour eux, c’était littéralement un jeu.

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire un texte exprimant mon ressenti suite à la journée du souvenir de Verdun, l’année passée. Dans ce texte, j’insistais sur le fait que les vaincus étaient aussi honorables que les vainqueurs pour ce qui était de la Première Guerre Mondiale. Concernant la Seconde, je tiendrai un discours tout différent. Là où la Première était une guerre d’une ampleur immense, mais malgré tout classique (en ce sens qu’il s’agissait simplement de conquérir le voisin), la Seconde a pris avec les Nazis et la persécution (mot bien faible) des Juifs l’abominable visage de la folie.

Tuer est abominable en soit. Sur un champ de bataille, pourtant, tuer est accepté. Simplement car les soldats savent qu’ils peuvent mourir et qu’ils vont tuer. C’est un sacrifice nécessaire pour préserver la population civile et y consentir est déjà une forme d’héroïsme en soit. Cependant, les Nazis n’ont pas respecté cela. En exterminant de la sorte tant de gens, ils ont littéralement renié leur humanité, c’est pourquoi je ne louerai pas les soldats allemands de la Seconde Guerre. Pour moi, ils étaient tous des monstres, ou des gens trop idiots pour se rendre compte de ce qu’ils faisaient, ce qui ne vaut pas mieux.

Les Nazis nous ont montré le point de non-retour sur le chemin, non pas du mal mais de la monstruosité. Ils ont prouvé que l’homme pouvait devenir un véritable démon, au point de se renier lui-même. Je vous épargnerai l’habituel discours intitulé « le racisme, c’est pas bien », mais devant  un tel message, peut-on vraiment rester indifférent ?

De même, la population allemande de l’époque a fait montre d’une bêtise immense en suivant de la sorte ce fou nommé Adolf Hitler. On dit qu’il était un orateur de génie (du moins au début du conflit) et c’est sans doute ce qui a fait croire de telles fadaises aux gens.

A la décharge du peuple, toutefois, on notera que s’ils persécutaient les Juifs, les Allemands ne savaient rien de ce qui se faisait dans les camps. Ils ont commis une faute immense, mais n’ont pas été aussi loin que les soldats qui, eux, savaient et étaient tenus de garder cela secret.

Je terminerai en tirant l’ultime leçon de cette guerre.  J’ignore le nombre de Juifs morts à cause des Nazis, mais je sais qu’il est immense. Tous ces gens sont morts pour rien. Inutile de chercher, si on les a tués, c’était pour rien. Il convient de ne pas les oublier et de donner le maximum de sens que nous le pouvons à leur mort. Pour que cela ne se répète plus. Pour qu’ils puissent reposer en paix. 

Olivier Colson 6G

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Mise à jour : 14/03/2010

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