VISITE DE BREENDONK 09/2007

« Oublier le passé, c’est s’obliger à le revivre ».
Personne, parmi nous, n’ignore cette célèbre citation de Winston Churchill.

Aujourd’hui, elle est plus que jamais d’actualité dans notre monde où l’intolérance et le racisme bafouent constamment les droits humains les plus fondamentaux : le droit au respect de la personne et la dignité humaine.

Notre présence, ce jour, dans ce lieu de Mémoire, témoigne ainsi de notre volonté de ne pas oublier les atrocités et le génocide du passé.

Alors que disparaissent peu à peu les malheureux témoins de ces actes barbares, il nous incombe à nous, les jeunes, ce devoir de mémoire.

Prendre conscience du rôle important joué par nos prédécesseurs pour nous garantir une société libre et démocratique est un devoir fondamental. Il nous faut connaître pour comprendre et comprendre pour agir.

Saisir ce flambeau qui nous est transmis, en diffuser la lumière auprès de nos jeunes concitoyens et, dans quelque temps, le transmettre aux générations qui nous succèderont, tel est notre rôle de citoyen responsable.
La guerre 1940-1945 a fait de nombreux ravages dans beaucoup de pays, d’innombrables victimes au sein de nombreuses familles et a marqué à jamais l’esprit des survivants.

Seuls ceux qui ont connu ces années de tourmente peuvent décrire mieux que quiconque, ce que nous devons tous aujourd’hui éviter à tout prix. Parmi eux, mon grand-père m’a souvent relaté ces minutes traumatisantes qui l’ont vu, enfant, devant les fusils des soldats allemands.

Ce dimanche 16 septembre dernier, l’occasion m’a été donnée, grâce à Mademoiselle Tireur, mon professeur d’histoire, de recevoir et de transmettre la flamme du souvenir. La cérémonie a été célébrée lors du 60ème anniversaire du Mémorial du fort de Breendonk .

Les souvenirs se ressassent et l’ancien prisonnier que j’accompagne durant cette émouvante matinée me raconte son arrivée et son vécu dans ce sinistre endroit. Ces moments, remplis d’émotion parmi ces hommes et ces femmes qui se sont battus et qui ont souffert pour nous et notre pays, ont renforcé ma volonté et mon engagement à transmettre le flambeau qui m’a été confié avec d’autres.

Certes, les détails s’évanouiront au fil de nos récits, ceux de nos enfants et petits-enfants, mais je suis d’autant plus persuadée que si nous les perpétuons du mieux que nous pouvons, rien ne sera oublié ! Il est donc de mon devoir et celui de mes partenaires de prendre le relais de nos prédécesseurs, pour qui, je le sais, cela est extrêmement précieux !

Grâce à eux, nous sommes là aujourd’hui : remercions-les en réalisant leur souhait !

Stéphanie Marchand 6ème G

 

Le Quotidien de Namur, septembre 2007

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La Ville de Namur emmènera les jeunes Namurois au Fort de Breendonck. Pour les sensibiliser. Dimanche, ils étaient trente à participer au pélerinage annuel.

Le vent balaie l'arrière du Fort de Bre endonck. De temps en temps, le soleil éclaire le visage des 800 personnes présentes pour commémorer le 60e anniversaire de la création du Mémorial National du Fort de Breendonck. Au milieu de la plaine, Stéphanie Marchand répète son intervention. Avec deux autres jeunes issus des communautés flamandes et germanophones, Stéphanie recevra bientôt la flamme de la mémoire. Le passage de témoin. Pour leur 60e anniversaire, les responsables du Fort de Breendonck ont voulu marquer le coup. C'est aux jeunes générations de perpétuer la mémoire des victimes des camps de concentration. Trente Namurois venant du collège Notre-Dame de la Paix d'Erpent, de Sainte-Marie Jambes, de l'Athénée François Bovesse et de Saint-Berthuin étaient du voyage.
«J'avais 17 ans lorsque je me suis retrouvé dans le camp de Breendonck avec mes deux frères et mon père. J'ai travaillé à l'atelier, sur le chantier, etc. J'y suis resté dix-sept mois. Ce que j'ai vécu, je l'ai souvent relaté. Aujourd'hui, c'est à vous de raconter mon histoire et de ne pas l'oublier», explique M.Fritt tout en passant le témoin à Stéphanie Marchand. Tout cela devant les yeux du Prince Philippe.
Un moment très émouvant pour Stéphanie. «Au passage du témoin, je me suis dit: maintenant, c'est à moi d'agir, de parler des atrocités de la seconde guerre mondiale autour de moi. Dès qu'on a la possibilité d'aborder le sujet, il ne faut pas hésiter. À l'école mais aussi dans sa famille, avec ses amis», insiste Stéphanie, élève en 6e secondaire à Erpent.
La seconde guerre mondiale, les camps de concentration, les horreurs commises par le régime nazi: le sujet intéresse Stéphanie depuis longtemps. «Mon grand-père avait dix ans lorsque la guerre a éclaté. Il m'en a souvent parlé. Un événement m'a frappé: les Allemands sont entrés chez lui, l'ont obligé à s'agenouiller au pied de son lit et ont braqué un fusil sur sa tempe», raconte-t-elle.
La jeune fille s'inscrit dans la vision de la Ville de Namur: avoir une démarche citoyenne et éducative. Pour éviter la répétition des événements, les jeunes doivent s'intéresser au passé. «Évidemment, au fil du temps, les détails se perdront. Si les générations futures peuvent au moins retenir la force des atrocités, le pari sera réussi», insiste Stéphanie Marchand.

Carole GOTFROI

Vers l'Avenir, 18 septembre 2007

 

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Mise à jour : 23/12/2007

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